L’Académie de la Garde côtière canadienne (anciennement appelée Collège de la Garde côtière canadienne) est située à Point Edward, de l’autre côté du port du centre-ville de Sydney, en Nouvelle-Écosse. Il s’agit du seul centre de formation au pays pour les navigateurs et les ingénieurs de la Garde côtière canadienne (GCC). L’UCTE représente environ 80 employés du bâtiment.
Graham Alexander est sous-chef à l’Académie. Il est président de la section locale 80831.
Ayant grandi dans la région, Graham savait que l’institution située de l’autre côté du port jouait un rôle important dans l’économie et la vie sociale locales. Comme beaucoup d’habitants de la région, il ne savait pas, concrètement, ce qui s’y passait.
C’est plus tard qu’il a appris que c’était un lieu de travail où il pouvait appartenir. Puis, il a appris que son oncle, qui était ingénieur en chef sur le Bluenose II, était diplômé du Collège. L’établissement est profondément enraciné dans la communauté, mais de manière discrète.
Une grande famille à nourrir
Il y travaille maintenant depuis treize ans. Il supervise une équipe de treize personnes dans la cuisine et accueille des cadets venus de tout le pays. Quand on lui demande de décrire le rythme de travail, Graham le compare à « organiser trois noces par jour » .
La comparaison avec une famille va au-delà du rythme effréné. Nos membres et les autres employés sur place accompagnent les cadets pendant une période formatrice de leur vie, avec la chaleur humaine typique du Cap-Breton.
« Beaucoup de nos cadets n’ont jamais quitté leur province, et encore moins traversé le pays. C’est un véritable choc culturel. »
Les cadets résident dans l’établissement pendant quatre ans. Beaucoup arrivent à l’âge de 18 ou 19 ans et, comme dans d’autres établissements d’enseignement, des liens profonds se tissent. Sur le plan social, l’académie est comme une grande famille, « une famille de 280 personnes », précise rapidement Graham.
Par exemple, plusieurs cadets de la Garde côtière ont participé au mariage de Graham. Chaque année, les cadets organisent une course de relais autour du Sentier du Cap-Breton et toute la communauté de l’académie se mobilise pour que les coureurs restent en forme, s’hydratent, s’alimentent et soient soutenus. Ils se soutiennent également dans les moments difficiles.
« Les gens ici ont toujours été solidaires, explique Graham, mais je l’ai d’abord constaté à travers les tragédies qui ont frappé d’autres personnes : panne de voiture, incendie de maison, etc. » Il était habitué à ce que les gens s’hébergent mutuellement, se fournissent des repas et se rendent toutes sortes de services de bon voisinage. Puis, il a pris conscience de cela véritablement à son retour de congé pour décès. Il a vu à quel point ses collègues s’étaient mis en quatre pour lui donner un peu d’espace afin de faciliter sa reprise du travail. En parlant de cela, il est encore profondément ému, même des années plus tard.
Patrimoine syndical du Cap-Breton
Dans l’histoire syndicale canadienne, l’île du Cap-Breton prend place importante malgré sa faible population. L’exploitation minière a commencé dans la région au XVIIIe siècle, dans des conditions extrêmes. Les employeurs étaient monopolistiques. Les mineurs, les métallurgistes et d’autres travailleurs ont dû s’organiser pour lutter principalement pour de meilleurs salaires et une meilleure sécurité. Le militantisme syndical a atteint son apogée avec une vague de grèves dans les années 1920. Les travailleurs du Cap-Breton sont fiers de cet aspect de la culture locale.
« Nous avons une base solide pour notre fierté syndicale parce que nous sommes du Cap-Breton, » explique Graham.
« C’est des gens d’ici qui avons lancé tout le mouvement. Dans le cours L’ABC du syndicat, tout le monde dit que cela a commencé dans l’Est. Oui, cette petite île est en quelque sorte un géant syndical. »
Néanmoins, la section locale a des priorités qui sont familières aux dirigeants locaux partout ailleurs. Inciter les nouveaux membres à s’impliquer dans la section locale, les orienter, les former et les mobiliser : tout cela peut encore représenter des défis. Cela demande une attention constante.
La grève de l’AFPC en 2023 est survenue après une longue période de paix ouvrière. Beaucoup de jeunes membres n’avaient jamais vu ce genre de mobilisation auparavant, et il y avait un gros travail d’éducation à faire.
Remettre les choses en perspective
Graham fait remarquer : « Les gens ne réalisent pas ce que les syndicats ont construit pour eux. Ils disent : « Oh, j’ai des congés de maladie, j’ai des vacances, j’ai toutes ces choses qui sont protégées dans mon contrat. » Mais s’ils ont tout cela, c’est parce que les syndicats avant eux se sont battus, n’ont pas reculé et ont traversé la tempête pour l’obtenir. »
Pour Graham, le militantisme syndical va au-delà des griefs et des négociations. Il ne s’agit pas seulement de conflits. « Nous ne nous contentons pas de dire que nous sommes là en cas de problème. Nous sommes également là lorsque rien ne va mal et que vous souhaitez vous développer ou améliorer votre situation. »


