Nous sommes le Jour de la Terre 2026, et la situation est évidente : le changement climatique est un défi auquel nous devons tous faire face et auquel nous devons tous nous adapter.
Les efforts déployés à l’échelle mondiale pour éviter une aggravation des effets du changement climatique n’ont pas encore été suffisants. Des stratégies d’atténuation et d’adaptation s’imposent. Cela modifie le travail, transforme les lieux de travail et, parfois même, crée des emplois.
État de la planète
Le mois dernier, l’Organisation météorologique mondiale a publié son rapport annuel sur l’état du climat mondial en 2025. Le rapport le plus récent du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est le Rapport de synthèse AR6 : Changements climatiques 2023. Au Canada, la dernière évaluation du gouvernement fédéral sur la manière dont nous prévoyons de vivre avec le changement climatique s’intitule « Le Canada dans un climat en changement ».
Les détracteurs du budget fédéral de 2025 ont souligné que bon nombre de ses mesures vont dans la mauvaise direction en matière de changement climatique. La situation dans son ensemble est plus complexe que cela, mais il faut savoir, comme le savent nos membres à Ressources naturelles Canada, que les coupes budgétaires prévues comprennent la suppression de certains programmes importants, notamment la Subvention pour des maisons plus vertes au Canada et le programme « Deux milliards d’arbres ».
La bataille n’est pas terminée
Dans l’ensemble, les nouvelles sont mixtes : par exemple, l’utilisation de l’énergie solaire et éolienne a atteint un niveau record en 2024, mais la consommation d’énergie issue des combustibles fossiles restait environ 31 fois plus élevée.
Il semble y avoir toujours beaucoup de mauvaises nouvelles sur le plan climatique, mais un rapport sur l’état du climat publié en décembre 2025 nous rappelle également que « les stratégies d’atténuation du changement climatique sont disponibles, efficaces sur le plan des coûts et nécessaires de toute urgence. De la protection des forêts aux énergies renouvelables en passant par une alimentation riche en végétaux, nous pouvons encore limiter le réchauffement si nous agissons avec audace et rapidité. »
Le changement climatique, c’est une affaire syndicale
Voici quelques exemples illustrant comment le changement climatique affecte le travail de nos membres. Certains impacts concernent la manière de faire face aux changements eux-mêmes. D’autres portent sur la mise en œuvre de mesures d’atténuation. Ce n’est que quelques exemples ; des milliers d’autres membres, dans divers lieux de travail à travers le pays, peuvent être confrontés à d’autres répercussions.
Dans l’ensemble, nous constatons que nous avons atteint un point où le changement climatique est une réalité quotidienne dans nos vies, impossible à ignorer.
Le port de Saint John s’étend sur 26 kilomètres de bord de mer. Comme vous pouvez l’imaginer, son fonctionnement consomme beaucoup d’énergie, ce qui signifie de nombreuses possibilités d’économies de carburant et d’utilisation d’énergies renouvelables. Matt Brown, président de la section locale 61124, explique que les répercussions du changement climatique sur le travail des membres se situent principalement du côté proactif, celui de l’atténuation. Cela inclut un recours plus important à l’énergie solaire et aux mesures d’économie d’énergie, aux véhicules électriques, au compostage des déchets, ainsi qu’à des taxes sur les navires qui déversent du pétrole ou laissent tourner leurs moteurs au ralenti dans le port. Matt siège au comité de sensibilisation à l’environnement de la section locale et, apparemment, c’est un dossier très actif.
edgar almeida est président de la section locale 00047. Il nous parle de certains changements observés dans l’Arctique : les équipages de pont de la Garde côtière canadienne travaillant sur les aides à la navigation sur le fleuve Mackenzie ont dû faire face à de multiples échouages en raison de niveaux d’eau historiquement bas. Toujours dans l’Arctique, les équipes de Marine Civil Infrastructure (MCI) ont signalé de nouveaux risques professionnels liés à la modification des cycles de reproduction de certaines espèces d’insectes, c’est-à-dire une apparition plus tôt et plus intense des insectes.
Les ingénieurs sont également confrontés à un dégel accéléré du pergélisol. Cela crée de nouveaux défis pour les structures construites sur le pergélisol, qui s’effondrent ou se désalignent désormais.
De plus, entre 2023 et 2025, la réduction du trafic maritime commercial a entraîné la fin anticipée de la saison de navigation sur le fleuve Mackenzie, soulevant des inquiétudes quant à la sécurité de l’emploi.
La saison des feux de forêt évolue et affecte nos membres. Selon M. almeida, de nombreux membres de l’UCTE ont été touchés par des ordres d’évacuation en 2023 et 2024. Christa Maloney, présidente de la section locale 90915, rappelle que les feux de forêt ont affecté les itinéraires d’inspection des inspecteurs techniques de Transports Canada. Travailler à l’extérieur en portant un équipement de protection individuelle sous une chaleur extrême devient un problème de plus en plus important.
Griffin Bell, vice-président chargé de la santé et de la sécurité à la section locale 00056 sur la voie navigable Trent-Severn, décrit certains des nombreux effets subis par nos membres travaillant en extérieur :
La fumée des feux de forêt détériore la qualité de l’air en y introduisant un mélange de gaz et de vapeurs. Les particules fines présentes dans la fumée ont été associées à plusieurs effets sur la santé, notamment des maux de tête, des irritations du nez, de la gorge et des sinus, pouvant aller jusqu’à des cas plus graves tels que la respiration sifflante, une toux intense et des palpitations cardiaques.
Les périodes de chaleur et d’humidité accrues augmentent également les risques. Lors des alertes de chaleur — émises lorsque l’indice humidex dépasse 42 degrés Celsius —, les travailleurs doivent prendre des pauses fréquentes afin de ne pas risquer de souffrir de maladies liées à la chaleur. En 2025, plus de 5 alertes de chaleur ont été émises en Ontario, affectant la capacité des membres à fournir des services au public et à entretenir les infrastructures de base.
La multiplication des phénomènes météorologiques dangereux, tels que les pluies abondantes ou verglaçantes et les vents violents, crée un environnement de travail dangereux. Les débits d’eau importants et rapides compliquent le fonctionnement des mécanismes de contrôle des eaux gérés par les membres. Le verglas augmente le risque d’accidents de la route et de dommages aux infrastructures. Après des événements météorologiques défavorables, les ressources en personnel sont réaffectées au nettoyage après la tempête, au détriment des opérations courantes.


